Baromètre d’activité chaussure : recul des ventes significatif au 1er trimestre 2026

Le chiffre d’affaires des détaillants indépendants en chaussure s’est de nouveau inscrit à la baisse au 1er trimestre 2026, avec un recul moyen de – 4,50 %. Un repli marqué, qui confirme les difficultés persistantes du secteur, même si la chaussure reste comparativement moins impactée que l’ensemble de la filière mode.

Baromètre de la chaussure 1er trimestre 2026
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Après une baisse d’activité marquée au cours du dernier trimestre 2025 (- 5,20 %), le début d’année 2026 s’est de nouveau révélé difficile pour les détaillants indépendants en chaussure. Les résultats consolidés du baromètre trimestriel font en effet état d’un recul marqué de l’activité (- 4,50 %).

Une situation qui dépasse toutefois le seul marché de la chaussure. Tous segments confondus, la mode indépendante (prêt-à-porter, chaussures, lingerie, accessoires et maroquinerie) affiche une baisse encore plus prononcée au 1er trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires en recul de – 5,60 %. À titre de comparaison, l’ensemble du commerce indépendant recule de – 3,10 % sur la même période, selon le baromètre publié par lechommerces.fr.

Découvrez ci-dessous les résultats détaillés du baromètre d’activité de la chaussure, segment par segment, mais aussi en fonction de la taille de l’entreprise, de l’emplacement des boutiques et de leur localisation géographique.

Tous les segments de la chaussure sont orientés à la baisse

Les résultats du 1er trimestre confirment une dégradation généralisée de l’activité, avec un recul qui touche l’ensemble des segments de la chaussure. Le segment femme apparaît comme le plus affecté sur la période, même si l’homme et l’enfant enregistrent aussi des baisses sensibles, traduisant un début d’année difficile pour la profession.

SegmentÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Ventes de chaussures femme– 4,80 %
Ventes de chaussures homme– 4,40 %
Ventes de chaussures enfant– 4 %
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Les petites boutiques restent les plus exposées

Comme observé plus largement dans le commerce indépendant, la taille de l’entreprise reste un facteur important dans la capacité à amortir le ralentissement de l’activité. Les boutiques sans salarié accusent ainsi le recul le plus marqué, avec une baisse moyenne de – 5,10 % de leur chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026.

Les entreprises de moins de cinq salariés suivent la même trajectoire, avec un recul de – 4,80 %. Les structures comptant entre cinq et dix salariés parviennent en revanche à mieux contenir la baisse, même si leur activité reste orientée à la baisse. Les magasins de plus grande taille ne sont pas non plus épargnés, avec des replis également sensibles sur la période.

Effectif de l’entrepriseÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Aucun salarié– 5,10 %
Entreprises de moins de 5 salariés– 4,80 %
Entreprises comptant entre 5 et 10 salariés– 2,80 %
Entreprises comptant entre 10 et 20 salariés– 4,70 %
Entreprises comptant plus de 20 salariés– 4,40 %
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Le centre-ville et les centres commerciaux de périphérie davantage touchés

L’analyse des chiffres selon l’emplacement des points de vente confirme une tendance généralisée à la baisse sur l’ensemble des zones commerciales au premier trimestre 2026. Si aucune localisation n’échappe réellement au recul de l’activité, les boutiques situées en rue de centre-ville et les magasins implantés dans les centres commerciaux de périphérie apparaissent toutefois plus exposés sur la période.

Ces résultats traduisent surtout la fragilité persistante des emplacements les plus exposés aux variations de fréquentation. En centre-ville comme dans les centres commerciaux de périphérie, les détaillants en chaussure restent fortement dépendants du passage en magasin, dans un contexte où les consommateurs arbitrent davantage leurs achats.

Emplacement de la boutiqueÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Boutiques situées en rue de centre-ville– 4,60 %
Boutiques situées dans les centres commerciaux / galeries marchandes de centre-ville– 4,20 %
Boutiques situées dans les centres commerciaux de périphérie– 4,80 %
Boutiques situées en zones d’activité commerciale ou retail park– 4,30 %
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Des écarts sensibles selon les régions

Dernier focus de ce baromètre FDCF/Boutique2Mode, les chiffres par régions montrent que tous les territoires sont impactés par cette baisse d’activité. Les écarts restent toutefois sensibles selon les zones, avec certaines régions qui parviennent à mieux résister, tandis que d’autres enregistrent des replis plus marqués.

La Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Île-de-France apparaissent notamment un peu moins affectées que la moyenne nationale. À l’inverse, la Corse, la Bourgogne-Franche-Comté et les Pays de la Loire figurent parmi les territoires les plus touchés sur la période.

RégionÉvolution du chiffre d’affaires au 1er trimestre 2026
Auvergne-Rhône-Alpes– 4,50 %
Bourgogne-Franche-Comté– 5,50 %
Bretagne– 4,60 %
Centre-Val de Loire– 5 %
Grand Est– 4,20 %
Hauts-de-France– 4,30 %
Île-de-France– 4 %
Normandie– 4,70 %
Nouvelle-Aquitaine– 4,60 %
Occitanie– 4,80 %
Pays de la Loire– 5,30 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur– 3,80 %
Corse– 6 %
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L’analyse de la rédaction de Boutique2Mode

« Après une fin d’année 2025 déjà difficile, l’activité des détaillants indépendants de la chaussure est restée nettement orientée à la baisse au cours du premier trimestre 2026, avec un recul moyen de – 4,50 %. Cette baisse intervient dans un climat économique et international toujours instable, marqué par des tensions persistantes sur le pouvoir d’achat des ménages et une consommation toujours mesurée. Preuve en est, les soldes d’hiver n’ont pas permis de relancer la consommation, confirmant un début d’année compliqué pour la profession.

Dans le détail, tous les segments sont orientés à la baisse, avec un recul particulièrement marqué sur la chaussure femme, devant la chaussure homme et la chaussure enfant. Cette évolution confirme un ralentissement généralisé des ventes, dans un marché de la mode indépendante lui aussi sous pression. Tous segments confondus (prêt-à-porter, chaussures, lingerie, accessoires et maroquinerie), le secteur affiche en effet une baisse encore plus prononcée au 1er trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires en recul de – 5,60 %.

L’analyse structurelle confirme également les tendances de fond observées ces derniers mois. Les boutiques sans salarié et les entreprises de moins de cinq salariés restent parmi les plus exposées, tandis que les structures comptant entre cinq et dix salariés parviennent à mieux contenir la baisse, sans toutefois échapper au recul de l’activité. Côté emplacement, les boutiques situées en rue de centre-ville et les magasins implantés dans les centres commerciaux de périphérie apparaissent plus exposés sur la période. Enfin, la fracture territoriale demeure, avec des écarts sensibles selon les régions, entre des zones qui résistent un peu mieux et d’autres où le recul de l’activité se révèle plus marqué.

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Rappelons que ces données consolidées sont des moyennes nationales. La réalité du terrain est souvent plus contrastée : au sein d’un même secteur ou d’une même ville, certains commerçants parviennent encore à stabiliser leur activité quand d’autres voient leur chiffre d’affaires reculer beaucoup plus nettement.

Pour le deuxième trimestre 2026, quelques signaux positifs peuvent toutefois subsister. L’arrivée des beaux jours et la perspective d’un bon début de saison estivale pourraient soutenir certains territoires, notamment les zones littorales ou touristiques, et redonner un peu d’air aux commerces de chaussure. Mais cette amélioration restera largement conditionnée à une stabilisation des prix, à un regain de confiance des consommateurs, ainsi qu’à la météo. Autant d’éléments qui demeurent, à ce stade, en suspens. »

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