Baromètre d’activité de la chaussure : les ventes toujours en baisse au 2e trimestre 2026
Le chiffre d’affaires des détaillants indépendants en chaussure s’est de nouveau inscrit à la baisse au 2etrimestre 2026, avec un recul moyen de – 4,20 %. Un repli marqué, qui confirme les difficultés persistantes du secteur, même si la chaussure reste encore une fois moins impactée que l’ensemble de la filière mode.

Les trimestres se suivent et malheureusement se ressemblent dans le secteur de la chaussure. Après un début d’année déjà difficile, marqué par une baisse d’activité de 4,50 % au premier trimestre, les détaillants indépendants de la chaussure ont de nouveau enregistré un recul marqué au deuxième trimestre 2026. Les résultats consolidés du baromètre trimestriel font en effet état d’une diminution moyenne du chiffre d’affaires de 4,20 %, confirmant une activité toujours sous pression pour la profession.
Cette baisse reste toutefois moins prononcée que celle enregistrée par l’ensemble de la mode indépendante. Tous segments confondus, le prêt-à-porter, la chaussure, la lingerie, les accessoires et la maroquinerie affichent en effet un chiffre d’affaires en recul de 6,50 % au deuxième trimestre 2026. La chaussure résiste donc un peu mieux que l’ensemble du secteur de la mode, mais demeure davantage touchée que la moyenne de l’ensemble des commerces, établie à – 3,20 % sur la même période, selon le baromètre publié par lechommerces.fr.
Découvrez ci-dessous les résultats détaillés du baromètre d’activité de la chaussure, réalisé en partenariat avec la Fédération des Détaillants en Chaussures de France (FDCF), segment par segment, mais aussi en fonction de la taille de l’entreprise, de l’emplacement des boutiques et de leur localisation géographique.
Tous les segments de la chaussure sont orientés à la baisse
Les résultats du deuxième trimestre confirment une dégradation généralisée de l’activité, avec un recul qui touche l’ensemble des segments de la chaussure. La chaussure femme apparaît comme le segment le plus affecté sur la période, même si l’homme et l’enfant enregistrent également des baisses sensibles, confirmant un premier semestre difficile pour l’ensemble de la profession.
| Segment | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Ventes de chaussures femme | – 4,50 % |
| Ventes de chaussures homme | – 4,00 % |
| Ventes de chaussures enfant | – 3,80 % |
Les petites boutiques sont les plus exposées
Au deuxième trimestre, les plus petites structures ont une nouvelle fois été les plus touchées par le recul de l’activité. Les boutiques sans salarié enregistrent ainsi la baisse la plus marquée, avec un chiffre d’affaires en diminution moyenne de 4,80 % entre début avril et fin juin 2026.
Les entreprises de moins de cinq salariés suivent une trajectoire proche, avec un repli de 4,50 %. Les structures comptant entre cinq et dix salariés résistent davantage, même si leur activité reste orientée à la baisse. Les magasins employant plus de dix salariés ne sont pas non plus épargnés, mais les plus grandes structures parviennent globalement à mieux contenir le recul sur la période.
| Effectif de l’entreprise | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Aucun salarié | – 4,80 % |
| Entreprises de moins de 5 salariés | – 4,50 % |
| Entreprises comptant entre 5 et 10 salariés | – 2,80 % |
| Entreprises comptant entre 10 et 20 salariés | – 4,30 % |
| Entreprises comptant plus de 20 salariés | – 3,40 % |
Les boutiques de centre-ville toujours en difficulté
L’emplacement du point de vente continue aussi d’influencer sensiblement l’évolution de l’activité. Les boutiques situées en rue de centre-ville enregistrent le recul le plus marqué, avec une baisse moyenne de 4,80 % au deuxième trimestre 2026. Les commerces implantés dans les centres commerciaux et galeries marchandes de centre-ville suivent, avec une activité en diminution de 4,20 %.
Les magasins situés en périphérie parviennent globalement à mieux contenir la baisse. Les zones d’activité commerciale et retail parks enregistrent un recul de 3,80 %, tandis que les centres commerciaux de périphérie apparaissent comme les emplacements les moins touchés sur la période, avec une diminution de 3,50 %. Aucun type d’implantation n’échappe toutefois au ralentissement de l’activité.
| Emplacement de la boutique | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Boutiques situées en rue de centre-ville | – 4,80 % |
| Boutiques situées dans les centres commerciaux et galeries marchandes de centre-ville | – 4,20 % |
| Boutiques situées dans les centres commerciaux de périphérie | – 3,50 % |
| Boutiques situées en zones d’activité commerciale ou retails parks | – 3,80 % |
Des écarts territoriaux toujours marqués
Dernier focus de ce baromètre FDCF/Boutique2Mode, les résultats par région montrent que l’ensemble du territoire reste touché par le recul de l’activité. Si toutes les régions demeurent dans le rouge, les écarts restent sensibles entre les zones qui parviennent à limiter la baisse et celles où la situation se dégrade plus fortement.
L’Île-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur apparaissent une nouvelle fois parmi les régions les moins affectées, avec tout de même des baisses respectives de 3,60 % et 3,70 %. À l’inverse, la Corse enregistre le recul le plus important, devant la Bourgogne-Franche-Comté et les Pays de la Loire. Le Centre-Val de Loire et l’Occitanie affichent également des résultats plus dégradés que la moyenne nationale.
| Région | Évolution du chiffre d’affaires au 2e trimestre 2026 |
|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | – 4,10 % |
| Bourgogne-Franche-Comté | – 5,20 % |
| Bretagne | – 4,30 % |
| Centre-Val de Loire | – 4,80 % |
| Grand Est | – 3,90 % |
| Hauts-de-France | – 4 % |
| Île-de-France | – 3,60 % |
| Normandie | – 4,50 % |
| Nouvelle-Aquitaine | – 4,20 % |
| Occitanie | – 4,60 % |
| Pays de la Loire | – 5 % |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | – 3,70 % |
| Corse | – 5,70 % |
L’analyse de la rédaction de Boutique2Mode
« Après un premier trimestre déjà nettement orienté à la baisse, l’activité des détaillants indépendants de la chaussure a de nouveau reculé de 4,20 % au deuxième trimestre 2026. Ces deux trimestres consécutifs marqués par une diminution supérieure à 4 %, dans un contexte déjà très difficile depuis plusieurs années, confirment la fragilité persistante de la profession. Plus largement, ces résultats témoignent d’un véritable tournant dans la manière dont la mode est consommée, puisque l’ensemble de la filière est aujourd’hui touché.
La chaussure résiste néanmoins mieux que le secteur de la mode dans sa globalité, dont le chiffre d’affaires a chuté de 6,50 % sur la période. Elle reste en revanche davantage affectée que l’ensemble du commerce lui aussi en recul, avec une baisse moyenne de 3,20 %, selon le baromètre publié par lechommerces.fr.
La fin du trimestre a par ailleurs été marquée par un mois de juin particulièrement difficile. La canicule a fortement limité la fréquentation des magasins durant les deux dernières semaines du mois, perturbant notamment le démarrage des soldes d’été, lancés le 24 juin. Face à cette situation, le gouvernement a décidé de prolonger exceptionnellement les soldes d’une semaine, jusqu’au 28 juillet 2026. Une mesure dont l’impact sur l’activité semble toutefois avoir été quasiment nul, selon les premiers retours des commerçants.
Dans ce contexte, le troisième trimestre sera déterminant pour la profession. La saison estivale, puis les achats de rentrée, pourraient soutenir ponctuellement l’activité. Mais après six mois de recul continu, les commerçants ont surtout besoin d’un véritable réveil de la consommation pour espérer inverser durablement la tendance. À ce stade, rien ne permet encore d’anticiper un tel rebond. Affaire à suivre. »

