Habillement : la chute se poursuit en mars pour les boutiques indépendantes

Après plusieurs mois de recul, la situation ne s’améliore pas pour les détaillants indépendants de l’habillement. C’est en tout cas ce que montre le bilan d’activité du mois de mars publié par la Fédération Nationale de l’Habillement.

baisse habillement mars 2026
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Après des mois de janvier et février déjà orientés à la baisse, l’activité des détaillants indépendants ne montre toujours aucun signe de reprise en mars. D’après le baromètre mensuel publié par la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH), le chiffre d’affaires des détaillants du secteur de l’habillement recule de 4,7 % en mars 2026, par rapport à mars 2025.

Ce nouveau repli s’inscrit dans une dynamique durablement négative. Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, l’activité affiche une baisse de 3,7 % par rapport à la même période en 2025. Une diminution d’autant plus inquiétante que l’on constatait déjà une baisse de 2,9 % sur le dernier trimestre 2025, par rapport au dernier trimestre 2024.

Un contexte toujours défavorable pour les commerces indépendants

Dans la continuité des mois précédents, cette nouvelle baisse s’inscrit dans un environnement toujours peu favorable à la consommation. Les détaillants doivent composer avec une demande fragilisée, dans un contexte économique incertain qui continue de peser sur les achats d’habillement.

Le président de la FNH, Pierre Talamon, souligne également le rôle de plusieurs facteurs conjoncturels : « La baisse de 4,7 % traduit aussi une consommation fragile, une météo peu lisible pour les achats de saison, un climat international anxiogène et un écrémage du marché qui fragilise particulièrement le moyen de gamme », explique-t-il.

À ces éléments s’ajoute une difficulté structurelle à écouler les collections printemps-été dès le mois de mars, un enjeu récurrent pour les professionnels du secteur.

Tous les segments touchés, le marché de l’homme en première ligne

Dans le détail, la baisse de l’activité concerne l’ensemble des segments du marché, avec toutefois des intensités différentes. La mode masculine apparaît comme la plus fragilisée, enregistrant un recul de 8 %, loin devant la mode femme (-3 %) et le segment mixte (-1 %). Au total, plus de 68 % des boutiques constatent une baisse de leur chiffre d’affaires.

Cette dégradation généralisée confirme un affaiblissement global de la demande, qui ne se limite plus à certaines catégories de produits, mais touche désormais l’ensemble du marché.

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Des résultats contrastés selon les territoires

Au niveau territorial, les écarts apparaissent particulièrement marqués. Une seule région parvient à afficher une dynamique positive : la Bourgogne-Franche-Comté, avec une progression de 2 % de son chiffre d’affaires, faisant figure d’exception dans un contexte globalement dégradé.

À l’inverse, plusieurs territoires enregistrent des reculs très importants. La Guadeloupe se distingue par une chute particulièrement brutale de 30 %, tandis que certaines grandes régions métropolitaines sont également fortement touchées, à l’image de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (-14 %) et de l’Île-de-France (-13 %).

RégionÉvolution CA mars 2026 vs 2025
Auvergne-Rhône-Alpes-10 %
Bourgogne-Franche-Comté+2 %
Bretagne-9 %
Centre-Val de Loire-9 %
Grand Est-10 %
Hauts-de-France-10 %
Île-de-France-13 %
Normandie-7 %
Nouvelle-Aquitaine-10 %
Occitanie-4 %
Pays de la Loire-1 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur-14 %
Guadeloupe-30 %
Réunion-17 %
Corse-15 %
Martinique0 %
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Un appel à des mesures urgentes pour soutenir le secteur

Face à cette situation qui ne cesse de se dégrader, la FNH appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes pour enrayer la chute des ventes. L’organisation espère notamment des effets rapides des dispositifs visant à réguler les flux de petits colis en provenance de l’étranger. « Après de longues attentes, nous espérons désormais que les mesures françaises et européennes sur les petits colis commenceront enfin à produire des effets concrets », martèle Pierre Talamon.

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