Kiabi, Shein, Vinted… Qui sont les plus gros vendeurs de vêtements en France ?
L’Institut français de la mode vient de dévoiler le classement des enseignes qui vendent le plus de vêtements en France. Kiabi conserve la première place, mais la progression de Shein et Temu confirme le poids désormais considérable de l’ultra-fast fashion.

Le classement des enseignes qui vendent le plus de vêtements en France évolue rapidement. À l’occasion d’une présentation organisée le 21 septembre avec la Fédération de la vente à distance (Fevad), l’Institut français de la mode (IFM) a dévoilé les principales tendances du marché sur les sept premiers mois de l’année 2026. Si plusieurs acteurs historiques restent bien placés, les plateformes en ligne et la seconde main occupent désormais une place de plus en plus importante.
Kiabi reste en tête, Shein grimpe à la deuxième place
Dans ce marché en pleine recomposition, Kiabi, l’enseigne française de prêt-à-porter à petits prix pour toute la famille, parvient malgré tout à conserver la première place. Elle devance désormais Shein, qui gagne trois rangs en un an et s’installe en deuxième position. Vinted suit le mouvement inverse et passe de la première à la troisième place. Derrière, Decathlon reste quatrième, tandis qu’Amazon recule de deux positions pour se retrouver cinquième. H&M conserve de son côté sa sixième place.
La suite du classement montre elle aussi de fortes évolutions. E.Leclerc gagne cinq places et atteint le septième rang, tandis que Temu réalise la progression la plus importante avec sept positions gagnées pour se hisser à la huitième place. Intersport avance également de deux rangs et se classe neuvième, devant les Galeries Lafayette, qui perdent trois places et ferment désormais ce top 10.
À noter que ce classement repose sur le nombre d’articles d’habillement achetés, sur Internet comme en magasin, et non sur le chiffre d’affaires réalisé par chaque acteur. Il met donc davantage en avant les enseignes qui écoulent de gros volumes, souvent à des prix relativement faibles. Le prix moyen par article atteint ainsi 11 euros chez Kiabi et 10 euros chez Shein, contre 19 euros chez Decathlon, 20 euros chez Amazon et 55 euros aux Galeries Lafayette.
Les 10 plus gros vendeurs de vêtements en France en 2026
| Rang | Enseigne | Évolution par rapport à 2025 | Prix moyen par article |
|---|---|---|---|
| 1 | Kiabi | +1 | 11 € |
| 2 | Shein | +3 | 10 € |
| 3 | Vinted | -2 | 13 € |
| 4 | Decathlon | = | 19 € |
| 5 | Amazon | -2 | 20 € |
| 6 | H&M | = | 19 € |
| 7 | E.Leclerc | +5 | 12 € |
| 8 | Temu | +7 | 9 € |
| 9 | Intersport | +2 | 24 € |
| 10 | Galeries Lafayette | -3 | 55 € |
Les plateformes asiatiques progressent, mais montrent déjà des signes de ralentissement
Au-delà du classement lui-même, ces résultats montrent surtout la place désormais occupée par les plateformes asiatiques de l’ultra-fast fashion dans les ventes d’habillement. Sur Internet, Shein est ainsi devenue le premier acteur du marché en volume, devant Vinted et Amazon. Plus largement, Shein, Temu et AliExpress représentent 29 % des achats de vêtements réalisés en ligne en volume sur les sept premiers mois de 2026. En intégrant les magasins physiques, ces trois plateformes concentrent désormais 8 % de l’ensemble des articles d’habillement achetés en France.
Une progression spectaculaire, qui rebat profondément les cartes du marché, même si les dernières données montrent un premier ralentissement. En juillet, Shein, Temu et AliExpress ne représentaient plus que 25 % des achats de vêtements réalisés en ligne en volume, contre 29 % en moyenne depuis le début de l’année. Leur poids sur l’ensemble du marché est également passé de 8 % à 7 %. Ce tassement intervient notamment après l’instauration, le 1er juillet, d’un droit de douane forfaitaire européen de 3 euros sur les petits colis importés.
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Et la tendance ne concerne pas uniquement la France. Le chiffre d’affaires de Shein en Europe a reculé de 13,9 % au deuxième trimestre 2026, tandis que son bénéfice opérationnel ajusté a été divisé par deux sur l’ensemble du semestre. L’entreprise attribue notamment cette baisse aux mesures prises en anticipation du durcissement des règles douanières. « Cette baisse est le reflet d’un repli du volume des ventes, car nous avons augmenté les prix et réduit les dépenses de publicité en ligne », explique Shein. En juin, la plateforme comptait par ailleurs 128 millions d’utilisateurs mensuels en moyenne dans l’Union européenne, soit environ 28 millions de moins qu’à la fin de l’année précédente. Aux États-Unis, autre marché majeur pour le groupe, le chiffre d’affaires a également reculé de 6 % entre avril et juin, dans un contexte marqué là aussi par le relèvement des droits de douane.
Ces premiers signes de ralentissement ne remettent pas encore en cause la place acquise par les plateformes asiatiques, mais montrent que leur croissance pourrait désormais être moins rapide. Les prochains mois permettront de voir si ce tassement se confirme et, surtout, si le durcissement des règles douanières suffit réellement à freiner leur progression face aux acteurs traditionnels du prêt-à-porter.

