Seconde main : les ventes des professionnels bondissent de 15 % en un an
La seconde main poursuit sa progression en France. En 2025, 65 400 tonnes de vêtements, linge de maison et chaussures d’occasion ont été vendues, soit 5 % de plus qu’un an auparavant. Une croissance désormais particulièrement portée par les acteurs professionnels, dont les volumes progressent de 15 % sur un an.

La seconde main continue de s’installer dans les habitudes de consommation des Français. Selon le dernier rapport publié par Refashion sur le marché de la seconde main, 65 400 tonnes de textiles, linge de maison et chaussures d’occasion ont été vendues dans l’Hexagone en 2025, contre 62 400 tonnes un an plus tôt. La seconde main pèse désormais 7,2 % de l’ensemble des volumes consommés sur ces marchés.
Les ventes entre particuliers, largement portées par les plateformes spécialisées comme Vinted, restent aujourd’hui le premier circuit de distribution de la seconde main, au coude-à-coude avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire. Mais ce sont les professionnels de la seconde main qui enregistrent aujourd’hui la plus forte progression, qu’il s’agisse des friperies, des magasins vintage ou encore des corners développés par certaines enseignes et boutiques indépendantes. Un segment encore minoritaire en volume, mais qui gagne rapidement du terrain et occupe déjà une place importante dans la valeur générée par ce marché.
Un marché qui continue de progresser
En 2025, les ventes de textiles, linge de maison et chaussures de seconde main ont ainsi représenté 1,55 milliard d’euros en France, soit une progression de 6 % sur un an. Une hausse qui repose avant tout sur l’augmentation des volumes vendus, mais aussi sur la montée en puissance des circuits professionnels, dont les prix moyens sont plus élevés et se rapprochent désormais des prix du neuf d’entrée de gamme. Refashion estime ainsi qu’un vêtement d’occasion coûte en moyenne 8,30 euros, soit quasiment autant qu’un vêtement neuf d’entrée de gamme, évalué à 8,50 euros.
Cette progression s’appuie aussi sur des habitudes de consommation désormais bien installées. 38 % des Français achètent aujourd’hui des produits textiles de seconde main. Le prix reste l’une des principales motivations, puisque 57 % expliquent y avoir recours pour mieux gérer leur budget et 44 % pour pouvoir se faire plaisir sans trop dépenser. Preuve que l’occasion prend progressivement la place du neuf dans les arbitrages des consommateurs, 74 % des acheteurs affirment aujourd’hui que leur dernier achat de seconde main s’est directement substitué à l’achat d’un article neuf.
Autre donnée intéressante, les plateformes en ligne comme Vinted ne captent pas à elles seules l’essentiel du marché, contrairement à ce que leur forte visibilité pourrait laisser penser. Les circuits physiques concentrent encore 51 % des volumes vendus en France, contre 32 % pour les canaux exclusivement digitaux et 18 % pour l’omnicanal. Un poids qui s’explique notamment par les atouts propres à l’achat en magasin, comme la possibilité de voir, toucher et essayer les articles avant de les acheter.
Les professionnels affichent désormais la plus forte croissance
C’est d’ailleurs justement du côté de ces professionnels, notamment des points de vente physiques où les consommateurs peuvent voir, toucher et essayer les produits, que la progression est aujourd’hui la plus marquée. En 2025, les volumes vendus par les acteurs B2C, c’est-à-dire les professionnels qui commercialisent directement des produits de seconde main auprès des consommateurs, ont augmenté de 15 % en un an. À titre de comparaison, la hausse n’a été que de 4 % pour le C2C, qui désigne les ventes entre particuliers, et de 2 % pour les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS). Une dynamique portée notamment par les friperies, les magasins vintage ou encore les corners de seconde main développés par certaines enseignes et boutiques indépendantes.
Surtout, si le poids en volume des ventes réalisées par les professionnels reste encore minoritaire aujourd’hui, puisqu’elles ne représentent que 18 % des ventes de seconde main, leur poids économique est déjà beaucoup plus important. Les acteurs B2C concentrent à eux seuls 36 % de la valeur générée par le marché, contre 48 % pour le C2C et 17 % pour l’ESS. Autrement dit, les professionnels affichent aujourd’hui le meilleur rapport entre les volumes vendus et la valeur générée.
Cette différence s’explique notamment par des prix de vente sensiblement plus élevés. Le prix moyen atteint 16,70 euros par pièce chez les acteurs B2C, contre 9,40 euros pour les ventes entre particuliers et 3,40 euros dans l’économie sociale et solidaire. Un positionnement qui reflète aussi une sélection plus poussée des produits proposés à la vente, avec des critères plus précis concernant leur état, leur qualité ou encore leur potentiel de revente.
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Un marché porteur, mais un modèle encore difficile à stabiliser
Cette forte progression ne signifie pas pour autant que la seconde main soit devenue une activité simple à développer pour les professionnels. Refashion souligne notamment que les friperies évoluent dans un environnement de plus en plus concurrentiel, avec des marges souvent faibles et de nombreuses complexités administratives et fiscales. L’approvisionnement constitue également un enjeu majeur, notamment pour parvenir à disposer régulièrement de produits suffisamment qualitatifs et disposant d’un bon potentiel de revente. Pour les acteurs B2C, la rentabilité du modèle reste donc encore largement à construire.
La problématique est encore différente pour les enseignes et boutiques traditionnellement positionnées sur le neuf qui souhaitent se lancer sur ce marché. Proposer de la seconde main ne consiste pas simplement à ajouter quelques produits d’occasion à son offre. Cela suppose de revoir en profondeur l’approvisionnement, mais aussi le merchandising et, dans certains cas, la manière même de présenter son offre aux clients. Plusieurs acteurs ont déjà franchi le pas, tandis que d’autres cherchent encore le modèle le plus adapté. Une transformation qui devrait continuer à s’accélérer à mesure que la seconde main gagne du terrain dans les habitudes d’achat des Français.

