Taxe à 2 euros sur les petits colis, un premier pas salué par les fédérations de commerçants

Depuis le 1er mars 2026, une taxe de 2 euros s’applique aux petits colis importés depuis des pays hors Union européenne. Pour de nombreux commerçants, notamment dans le secteur de la mode, cette mesure marque enfin une prise de conscience des pouvoirs publics face à l’explosion des envois à très bas prix.

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C’est une première victoire, certes symbolique et qui ne règlera pas la distorsion de concurrence que subissent les commerçants « physiques » face aux pure players, mais elle a le mérite d’exister. Depuis le 1er mars 2026, une taxe forfaitaire de deux euros s’applique ainsi aux petits colis importés depuis des pays hors Union européenne. Concrètement, ce terme « petit colis » désigne un envoi d’une valeur intrinsèque inférieure ou égale à 150 euros, expédié depuis un pays hors Union européenne, et directement à destination d’un consommateur. Ce seuil de 150 euros correspond au plafond en dessous duquel il n’y a pas de droits de douane classiques à payer dans l’Union européenne, même si la TVA reste due.

Ces flux sont notamment alimentés par des plateformes d’ultra fast-fashion et de e-commerce à bas prix, comme Shein, Temu ou AliExpress. Leur modèle économique repose sur l’envoi massif de produits à très faible valeur unitaire, expédiés directement depuis l’Asie vers le consommateur final. C’est précisément ce volume de micro-expéditions, multiplié par millions, qui est aujourd’hui dans le viseur des pouvoirs publics à travers cette mesure symbolique.

Des fédérations qui saluent un premier pas

Plusieurs organisations professionnelles ont rapidement réagi à l’annonce de cette nouvelle taxe. Dans l’habillement, la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH), particulièrement active sur ce sujet, évoque ainsi une première avancée obtenue après des mois de mobilisation pour alerter sur l’explosion des importations à bas prix.

Du côté du commerce spécialisé, l’Alliance du Commerce estime également que la mesure va dans le bon sens. L’organisation rappelle régulièrement l’ampleur des flux de colis de faible valeur entrant sur le territoire et leurs conséquences sur les marges et la compétitivité des enseignes françaises.

Même tonalité du côté de la Confédération des Commerçants de France (CDF), qui voit dans cette taxe un signal politique fort envoyé aux plateformes internationales. Pour ces fédérations, la reconnaissance du problème est déjà en soi une étape importante.

Toutes soulignent toutefois que la mesure reste partielle. Deux euros par colis ne suffiront pas à compenser les écarts de coûts structurels, ni à réguler totalement les volumes. Mais le principe est désormais posé : les flux massifs de petits colis importés ne sont plus considérés comme un simple détail logistique, mais comme un enjeu économique majeur pour le commerce de proximité.

Le risque de contournement et l’enjeu européen

Reste désormais à mesurer l’effet réel de la mesure. Les volumes de colis vont-ils ralentir ? Les plateformes absorberont-elles le coût ou le répercuteront-elles sur les prix ? Mais surtout, une taxe strictement nationale peut-elle produire des effets durables si les flux logistiques se réorganisent ?

Plusieurs plateformes d’ultra fast-fashion et de e-commerce à bas prix disposent en effet de bases logistiques au sein de l’Union européenne, notamment en Belgique, au Portugal ou en Pologne. En faisant transiter les marchandises par ces hubs avant expédition vers la France, le produit devient dès lors une simple livraison intra-européenne, et non plus une importation directe depuis un pays hors UE. Dans ce cas, la taxe française ne s’applique plus…

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Cette situation montre qu’une réponse strictement française ne suffira pas. Seule une approche harmonisée au niveau européen permettra d’éviter les contournements et d’imposer les mêmes règles à tous les acteurs du marché. La taxe française marque un point de départ. La régulation, elle, devra se jouer à Bruxelles. Car au-delà du montant, c’est bien la maîtrise des flux et l’équité entre commerce en ligne international et commerce de proximité qui restent au cœur des attentes du secteur.

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