Une première semaine de soldes « très difficile » pour les détaillants

Les fédérations de commerçants dressent un premier bilan préoccupant de la semaine d’ouverture des soldes d’hiver. Une activité en net recul, en particulier pour le prêt-à-porter et les commerces indépendants.

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La première semaine des soldes d’hiver s’est révélée « très difficile, à Paris comme en Province », selon la Fédération française des associations de commerçants (FFAC). L’organisation, qui fédère plus de 6 000 associations territoriales, a interrogé ses adhérents afin de prendre le pouls de la situation sur l’ensemble du territoire.

Les retours font état d’un démarrage nettement en dessous des attentes, notamment pour le secteur du prêt-à-porter. « Le secteur du prêt à porter et les petites boutiques sont particulièrement touchés par le manque constaté de clientèle », confirme la FFAC. Un constat confirmé par la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH), qui avance un chiffre d’affaires en baisse de 6% chez les détaillants de l’habillement, par rapport à la même période l’an passé. Si aucun chiffre précis n’est pour le moment avancé pour les autres segments de la mode (chaussure, lingerie, accessoires, maroquinerie), les premiers retours de terrain sont similaires : la fréquentation n’est pas au rendez-vous, fragilisant encore davantage des commerces déjà éprouvés par plusieurs années de tensions structurelles, et après un bilan assez décevant des fêtes de fin d’année. « Le démarrage des soldes est effectivement très difficile cette saison », confirme la CNDL.

Une fréquentation en net recul dès les premiers jours

D’après les fédérations de commerçants, le principal facteur avancé pour expliquer cette baisse de chiffre d’affaires est celui des conditions climatiques. La présence de neige dans de nombreuses régions a en effet fortement limité les déplacements lors des premiers jours des soldes, réduisant l’accessibilité aux commerces, en particulier dans les centres-villes et les zones commerciales de proximité.

À ces contraintes météorologiques se sont ajoutés des blocages d’agriculteurs dans certains territoires, perturbant les axes de circulation et dissuadant une partie de la clientèle de se déplacer. Pour de nombreux commerçants, ces éléments conjoncturels ont pesé lourdement sur un lancement déjà stratégique pour l’équilibre de leur saison hivernale.

Le calendrier des soldes une nouvelle fois en question

Pour les fédérations de commerçants, ces difficultés ne sont pour autant pas uniquement liées aux circonstances actuelles. Elles s’inscrivent dans un ensemble de problématiques connues « depuis de nombreuses années », avance la FFAC : baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, montée en puissance de l’achat en ligne, difficultés d’accessibilité aux centres-villes ou encore multiplication des travaux urbains.

À cela s’ajoute une remise en question plus large du modèle des soldes. « Le calendrier actuel des soldes semble ne plus correspondre aux attentes tant des consommateurs que de certains commerçants », poursuit la FFAC. Une position partagée de longue date par les fédérations représentatives du commerce indépendant de la mode, qu’il s’agisse de la FNH et la CNDL, mais aussi de la Fédération des Détaillants en Chaussures de France (FDCF), très actives sur ce sujet depuis de nombreuses années.

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Tous s’accordent depuis de nombreuses années sur l’urgence de revoir le calendrier des soldes, aussi bien pour la période hivernale qu’estivale. Ils appellent également à un encadrement plus strict des promotions pratiquées tout au long de l’année par les grandes enseignes et les pures players. Une inflation promotionnelle continue qui a, au fil du temps, contribué à dénaturer les périodes de soldes, au point qu’elles ne constituent plus, pour une large partie des consommateurs français, un événement commercial majeur. « Cette évolution a modifié profondément le comportement des consommateurs, qui anticipent désormais les remises et reportent leurs achats, ce qui dilue l’effet d’urgence et d’exclusivité autrefois associé aux soldes », confirme la FNH. « Les clients sont arrosés de promotions pratiquement tous les mois. Pour eux, les soldes ne veulent plus dire grand-chose. La date des soldes d’hiver qui est bien trop tôt dans la saison », appuie également la CNDL.

Pour autant, les demandes des fédérations représentatives des indépendants de la mode sont jusqu’à présent toujours restées lettre morte. Et rien n’indique, à ce stade, que le calendrier des soldes soit amené à évoluer dans les années à venir, ni même qu’une réglementation plus stricte des promotions soit adoptée… En attendant, le retour à des conditions climatiques plus « normales » laisse espérer un regain d’activité à l’occasion de ce deuxième week-end de soldes. Une séquence à suivre de près.

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