Chaussure : un guide utile pour mieux conseiller en boutique
Forme, pointure, largeur, matières, laçage, entretien… Dans « Bien chausser, les grands classiques de la chaussure », Alain Madec rassemble les fondamentaux d’un métier où l’expertise ne se résume pas à trouver la bonne pointure. Un ouvrage aussi instructif pour les professionnels que pour les passionnés de souliers.

Dans un commerce de chaussures, conseiller un client ne consiste pas simplement à lui apporter le modèle demandé dans sa pointure habituelle. Morphologie du pied, volume chaussant, forme utilisée par le fabricant, largeur, matières ou construction du modèle sont autant de paramètres qui participent au confort.
C’est précisément tout l’intérêt de « Bien chausser, les grands classiques de la chaussure », signé Alain Madec, cordonnier-bottier, chausseur, formateur et consultant. En 72 pages, l’auteur rassemble une somme de connaissances concrètes sur la chaussure et le chaussage, avec une approche accessible nourrie également par l’expérience de plusieurs professionnels du secteur.
Bien chausser commence par regarder le pied
Premier enseignement : il n’existe pas un pied standard auquel il suffirait d’associer une pointure. Large ou étroit, cambré ou affaissé, charnu, osseux ou encore musclé, chaque pied présente des caractéristiques qui doivent entrer en ligne de compte au moment de choisir une chaussure.
Alain Madec résume cette priorité par une formule : « Il faut chausser la tête et les pieds ». Autrement dit, répondre au style et à l’envie du client sans oublier sa morphologie. Une évidence pour certains détaillants expérimentés, mais qui rappelle toute la différence entre vendre une paire et véritablement chausser un client.
Une pointure ne suffit pas à définir un bon chaussant
Le livre insiste également sur une notion essentielle : la pointure n’est pas une valeur absolue. Le chaussant dépend du volume du pied, du modèle et de la forme choisie par le fabricant. Deux chaussures affichant la même pointure peuvent ainsi procurer des sensations très différentes.
Même constat pour les largeurs, dont les références ne sont pas parfaitement uniformisées. Connaître les caractéristiques des marques et des modèles référencés devient donc essentiel pour orienter le client vers une alternative lorsqu’un premier essayage ne convient pas.
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Cet enseignement peut aussi nourrir les achats du détaillant. Construire une collection ne consiste pas uniquement à sélectionner des modèles pour leur esthétique ou leur potentiel commercial : disposer de formes, de volumes et de largeurs complémentaires permet aussi de répondre à davantage de morphologies.

Une gêne ne se corrige pas toujours avec une pointure supplémentaire
Autre rappel utile : lorsqu’une chaussure gêne, prendre automatiquement la pointure supérieure n’est pas nécessairement la solution. Le problème peut venir de la largeur, de la forme ou du volume intérieur. Une chaussure plus longue, mais toujours mal adaptée à la morphologie du pied, ne résoudra pas forcément la difficulté.
C’est précisément là que le conseil du professionnel prend toute sa valeur. Plutôt que de se limiter à la question « Quelle pointure faites-vous ? », le chausseur doit être capable d’observer l’essayage, d’identifier l’origine d’une gêne et, si nécessaire, d’orienter vers une autre forme ou un autre modèle.
Un outil pour entretenir et transmettre le savoir-faire
Au fil des pages, Alain Madec revient également sur la fonction du contrefort, du cambrion, de la semelle, sur les matières ou encore sur le laçage. Autant de notions parfois considérées comme acquises, mais qui font du livre un support intéressant pour former un nouveau collaborateur ou remettre à niveau certaines connaissances au sein d’une équipe.
C’est sans doute l’une de ses principales qualités : l’auteur aborde aussi bien les grands fondamentaux que les détails du quotidien. Le professionnel expérimenté pourra y retrouver rapidement une information, tandis que celui qui découvre le métier disposera d’une porte d’entrée accessible vers une culture plus large de la chaussure.
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À l’heure où une partie du parcours d’achat s’effectue en ligne, cette maîtrise du produit constitue aussi un élément de différenciation pour les boutiques physiques. Expliquer pourquoi deux chaussures d’une même pointure ne chaussent pas de la même manière ou proposer une solution mieux adaptée à la morphologie du client donne une autre dimension à l’acte de vente.
Un livre pour les professionnels, mais aussi pour les passionnés
« Bien chausser » ne s’adresse pas exclusivement aux chausseurs. Les amateurs de souliers, ceux qui souhaitent mieux comprendre les différences entre les modèles, les matières ou les constructions, devraient également y trouver leur compte. Pourquoi, dès lors, ne pas le proposer directement à la vente dans certaines boutiques ? Dans un magasin spécialisé, une cordonnerie haut de gamme ou un concept store laissant une place à la culture mode et aux beaux objets, l’ouvrage peut trouver naturellement sa place. Proposé à 16 euros, il peut également constituer une idée cadeau pour un passionné de chaussures.
Publié avec le soutien de plusieurs organisations professionnelles de la filière, dont la Fédération des Détaillants en Chaussures de France (FDCF), mais aussi la Fédération Française de la Chaussure, Alliance France Cuir et la Chambre Syndicale Nationale des Bottiers de France, le livre revendique pleinement son ancrage métier.
Plus qu’un ouvrage à lire une fois puis à ranger, « Bien chausser, les grands classiques de la chaussure » se présente ainsi comme un guide à consulter régulièrement. Un petit bréviaire bien utile qui rappelle que bien chausser ne consiste pas seulement à connaître une pointure, mais à comprendre le pied, la chaussure et la rencontre entre les deux.
« Bien chausser, les grands classiques de la chaussure », Alain Madec, 16€
